SUMARBLÓT / SIGRBLÓT

Sumarblót, fête majeure du calendrier agro-solaire germanique, demeure l’exacte opposée temporelle de Jól. C’est le sacrifice estival exécuté la veille au soir du solstice.

Sumarblót était en fait un Sigrblót, soit un « sacrifice pour la victoire ». La mention d’une date demeure inexistante… Quoique les traditions actuelle d’ériger un mât couvert de verdure nommé midsommarstång en suédois place cette fête au solstice d’été comme son nom l’indique, soit vers le 21 juin. Cette pratique demeure d’actualité dans bien des pays dont la Suède, la Norvège, la Finlande, le Danemark, l’Islande et l’Allemagne, pour ne nommer que ceux-ci.

En anglais, on dit aussi Maypole, traduit à tord par « mât de mai » ou « mât du mois de mai ». Le verbe anglais « to may » signifie « pouvoir » au sens physique, voire physiologique. Donc, c’est le mât qui exprime et confère la puissance de la vie sur la mort. Il n’y a d’ailleurs probablement aucun lien avec le mois de mai…

Comme Éric Oxenstierna le dit, il est attesté que lors de Sumarblót, on promenait des idoles dans des chariots, souvent des couples divins comme Freyr et Freyja, Njörðr et Skaði, Freyr et Gerd, Baldr et Nanna. Il affirme aussi que des feux de joie étaient allumés et on sautait par-dessus et dansait autour.

Sumarblót était certes un sacrifice pour la victoire au sens guerrier, mais sans doute aussi au sens biologique, puisqu’on célèbre la victoire de la vie sur la mort, par l’érection du midsommarstång et par les idoles divines qu’on fait circuler dans les champs.

Comme dirait Régis Boyer, le culte germanique se reconnaissait à ses actes, qui à mon avis étaient impressionnants et chargés de sens. On reconnaît facilement les pratiques cultuelles des autres religions, sans les nommer. Dans le paganisme germanique, on sait qu’allumer un feu de camp, faire circuler une corne à boire, déposer des offrandes au pied du plus grand arbre ou du plus grand rocher des environs, ce sont des actes  propres à notre spiritualité !