AUSA BARN VATNI – L’ONDOIEMENT

Cette partie a été écrite après plusieurs lectures dont des ouvrages de Régis Boyer et de Maurice Cahen, des commentaires de Hilmar Örn Hilmarsson de l’organisation Ásatrúarfélagið et des informations de Viking Answer Lady.

L’expression ausa barn vatni signifie « asperger d’eau la tête du nouveau-né ». C’était la façon d’accueillir un bébé dans le monde terrestre et de lui attribuer un nom. On peut voir des ressemblances entre cette célébration et le baptême chrétien. Cependant, l’ondoiement dans le paganisme germanique implique les forces de la Nature puisque nos femmes avaient pour coutume d’accoucher à genoux, sur la terre ferme, un geste associé à la déesse de la terre nommée Gerðr. Ensuite, le père se devait de prendre l’enfant et de le lever au ciel, en plein soleil et au vent, un geste associé à la déesse du soleil nommée Sól et au dieu du vent et de la mer nommé Njörðr. Finalement. Finalement, de l’eau était aspergée sur le front du bébé, un geste aussi associé à Njörðr.

L’ondoiement dans le paganisme germanique suscite l’intervention de nos ancêtres familiaux puisqu’on y invoquait la hamingja, soit la part de chance accordée à une famille qui se transmet de génération en génération, donc aux nouveau-nés. Ainsi, pour transmettre la hamingja, il était coutume de donner des noms allitérés aux nouveau-nés. Par exemple, je nomme mon premier fils Ingmar, mon second fils Ingolf et ma fille unique Ingrid !

Voici les étapes de cette célébration qui peut servir à nommer un enfant, à la façon de nos ancêtres :

  1. Rassemblement : le père, la mère et tous autres participants doivent se réunir devant le foyer, une flamme (pour l’intérieur) ou un feu de camp (pour l’extérieur).
  2. Élévation solaire : le père prend l’enfant le soulève au bout de ses bras, au soleil.
  3. Affirmation du père : je nomme tous les gens ici présents comme les témoins du nom que je vais donner à mon enfant ! J’affirme que tout ce que je fais en ce moment est tout ce que je sais de vrai et de juste. Ainsi, aidez-moi Freyr et Njörðr et le Très-haut !
  4. Affirmation de la mère : j’en appelle aux Nornir du passé, du présent et de l’avenir, sises sous le majestueux Yggdrasil, l’arbre de vie, d’assister cette cérémonie, de porter sur nous un regard bienveillant et de garantir à mon enfant, l’éloquence, la sagesse et la santé. J’en appelle aussi aux neuf nornir présentes au berceau de chaque nouveau-né, d’honorer cet enfant par leur don divin et de lui offrir le meilleur qu’il soit dans la vie.
  5. Ondoiement : le père asperge la tête de l’enfant par trois fois.
  6. Nomination : je te nomme, en l’honneur des Puissances lumineuses, pour que la joie règne dans ta vie. Je te place sous la tutelle de la rune Dagaz et sous l’égide de Sól, déesse du soleil ! Que ta part de hamingja te soit accordée toute ta vie !
  7. Remise du nafnfesta : un cadeau est présenté à l’enfant.
  8. Blótveizla et symbel : pour le souper, il est de coutume de manger un kornmjölsgröt, soit un porridge d’orge comprenant des pommes de terre, des carottes, des navets, du chou vert, des oignons et de l’ail avec une bonne pièce de viande, souvent du porc, du sanglier ou du bœuf, jamais du cheval qui était consommé lors des funérailles.
  9. Nornegrauten : la femme qui vient de mettre au monde l’enfant doit consommer un bol de kornmjölsgröt en l’honneur des nornir de l’enfant.