LES VARIANTES DU PAGANISME GERMANIQUE

Le paganisme germanique est un ensemble de manifestations religieuses qui prend son origine dans la mythologie germanique. Il constitue à mon avis l’expression la plus juste pour définir notre religion. Et pourquoi ne parlerait-on pas de néopaganisme germanique ? Tout simplement parce qu’une pratique ne peut pas être nouvelle si elle n’a jamais cessé d’exister ! Certes, elle a vécu dans l’ombre pendant quelques siècles, mais elle est ressortie au grand jour avec une première vague au 19e et une seconde au 20e siècle.

L’Ásatrú demeure sûrement la forme du paganisme germanique la plus pratiquée au monde. Selon l’auteur de ce site Web, l’Ásatrú est un terme trop réducteur qui se limite à la mythologie scandinave. De plus, il exclut littéralement les Vanir.

Il existe plusieurs autres variantes qui se distinguent par leurs objectifs dont l’Odinisme, la Vanatrú, l’óðalisme, la Tradition nordique, l’Irminisme, le Rökkatrú, la Forn Siðr ; et d’autres qui se distinguent par leurs particularités régionales dont Urglaawe et le Théodisme. Dans cette jungle, le lecteur peut difficilement s’y retrouver, car aucune étude détaillée n’existe sur le sujet. Le but ici n’est pas de prendre position.

Le terme Odinisme provient évidemment du nom du dieu Odin ou Óðinn selon la graphie savante. Il apparaît pour la première fois aux États-Unis en 1848 dans le titre d’un ouvrage d’Orestes Augustus Brownson : A Revival of Odinism, or the Old Scandinavian Heathenism (Un renouveau de l’Odinisme, ou l’ancien paganisme scandinave).

La majorité des groupes odinistes se classent au cinquième niveau de l’échelle Jarnsaxa. Cela sous-entend qu’ils sont relativement fermés à ce que des gens d’autres origines ethniques ou d’autres orientations sexuelles participent à leurs rituels ou pratiquent l’Odinisme.

D’autres groupes odinistes, dont le Holy Nation of Odin, se classent au sixième niveau de l’échelle Jarnsaxa. Ils évoquent souvent l’argument que le marteau de Thor, Mjöllnir, constitue un symbole phallique, de virilité. Par conséquent, les homosexuels ne devraient pas être admis à pratiquer l’Odinisme.

Par ailleurs, puisque l’Odinisme demeure une religion ethnique propre aux gens d’ascendance germanique, les étrangers ne devraient pas faire partie de leur religion. Les Odinistes, comme ceux dans le Holy Nation of Odin, prétendent qu’ils doivent préserver l’avenir de leur race et rejettent catégoriquement la procréation entre membres de deux communautés ethniques différentes.

Selon nos analyses, il semblerait d’ailleurs qu’il existe deux formes d’Odinisme : celui de Alexander Rud Mills et celui de John Yeowell. Alexander Rud Mills croyait que l’adoption du culte abrahamique moyen-oriental par les Européens et l’action souterraine des Juifs, des chrétiens et des francs-maçons aurait provoqué la décadence de l’Occident… C’est une thèse que la Canadienne d’origine danoise nommée Else Christensen a reprise par la suite, dans les années 1960 pour fonder The Odinist Fellowship, qui a aujourd’hui des factions au Canada et au Royaume-Uni. Après avoir étudié les ouvrages d’Else Christensen, on constate que des groupes suprématistes blancs se sont servi du Odinist Fellowship pour fonder un mouvement nommé « le paganisme révolutionnaire aryen », qui par la suite a donné naissance à des groupes comme Holy Nation of Odin, un groupe dit odiniste, mais qui incorpore par écrit des principes racistes tirés du nazisme.

La Vanatrú met l’emphase sur la vénération des divinités de la famille des Vanir, tandis que l’Oðalisme est un paganisme propre à la Norvège et ultra-raciste. La Tradition nordique est la plus « ouverte » et la plus proche de la Wicca puisqu’elle n’hésite pas à mêler des particularités propres à l’ésotérisme et à prôner l’utilisation de poudres, d’encens et de chandelles de toutes sortes… L’Irminisme est issu du nationalisme allemand, ainsi que l’Armanisme. En ce qui concerne la Rökkatrú, elle valorise la vénération des divinités sombres (rökkr dans les langues scandinaves signifie fin, destruction) telles que Loki, Hella, etc. Il y a aussi Urglaawe qui est née dans la mouvance nationaliste des descendants de colons hollandais et allemands aux États-Unis, plus particulièrement en Pennsylvanie. Le Théodisme est propre à la mythologie anglo-saxonne.

Je crois qu’il n’est pas important de savoir si on vénère notre dieu en néerlandais, en islandais, en français ou en allemand… Je crois que le plus important est de savoir où on se situe sur cette fameuse échelle de Jarnsaxa… Car je le répète, je me situe au deuxième niveau.